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Mot du Coordonnateur

Cher (e)s Ami (e)s  internautes,

Je suis particulièrement heureux de vous savoir en ligne sur le site de la Cellule d’Appui à l’Ordonnateur National du FED (CAON-FED), car j’y vois une marque d’intérêt pour cette structure nationale placée sous l’autorité du Ministre de l’Économie, de la Promotion des Investissements et de la Prospective. Celle-ci est chargée de la conception, de la mise en œuvre et du suivi de la stratégie et des programmes de coopération financés par le Fonds Européen de Développement (FED). J’y perçois également l’expression d’un intérêt vif pour la coopération Gabon/Union européenne et ses valeurs.

Ce partenariat Gabon/UE s’inscrit dans le cadre de la coopération entre l’Union Européenne et les pays en développement, qui trouve ses origines en 1960, au moment où six pays européens (Belgique, France, Allemagne de l’Ouest, Italie, Luxembourg et Pays-Bas) constituant la Communauté Economique Européenne (CEE) signent des accords de coopération économique avec les pays d’Afrique francophone nouvellement indépendants.

Ce processus se renforcera et s’élargira avec la signature en 1961 de la Convention de Yaoundé, puis en 1975 de la Convention de Lomé I. Mais c’est véritablement avec la signature le 23 juin 2000 à Cotonou d’un nouvel accord de partenariat, l’Accord de Cotonou, d’une durée de vingt ans, révisable tous les cinq (5) ans, que la coopération entre les 78 Etats d’Afrique, des Caraïbes et Pacifique (ACP) et l’UE est entrée dans une nouvelle ère, intégrant à la fois le souci d’efficacité dans l’exécution des projets/programmes de coopération, une dimension politique du partenariat, la volonté de promouvoir la coopération commerciale dans un cadre compatible avec les règles de l’ Organisation Mondiale du Commerce (O.M.C), et de nouveaux acteurs du partenariat autres que les Gouvernements (acteurs non étatiques et collectivités décentralisées).

L’Accord de Cotonou repose sur trois principaux piliers qui en font un cadre de partenariat original.

Le premier pilier est la coopération pour le financement du développement, dont le Fonds Européen de Développement (FED) institué par les articles 131 et 136 du Traité de Rome adopté le 25 mars 1957 constitue le principal instrument. Les ressources du FED ne sont toutefois pas les seuls financements que l’UE met à la disposition des Etats ACP, dans la mesure où des fonds sur les lignes budgétaires de la Commission Européenne et les ressources de la Facilité d’Investissement gérée par la Banque Européenne d’Investissement (BEI) existent aussi.

Le second pilier de l’Accord de Cotonou est la coopération politique. Le dialogue politique est conçu comme une approche qui doit permettre de régler divers problèmes de haute importance au plan international comme le commerce des armes, la lutte contre le terrorisme, les migrations et la prévention des conflits.

Le dernier pilier de l’Accord de Cotonou est le volet commerce. Jusqu’au 31 décembre 2007, comme vous le savez, les relations commerciales entre les Etats du groupe A.C.P et l’U.E étaient encadrées par le régime commercial issu des conventions de Lomé/Cotonou. Mais, suite à une décision de l’O.M.C en 2001 par suite d’une plainte contre l’Union Européenne introduite par des pays d’Amérique latine producteurs de banane, les Etats du groupe A.C.P et l’U.E ont été tenus d’abandonner ce régime commercial préférentiel et discriminatoire pour désormais établir entre eux un cadre commercial compatible avec les règles de l’O.M.C.

Au titre du 10ème FED (2008/2013) doté de 39.2 millions d’euros soit 25,7 milliards de francs CFA, sous forme de dons, six (6)  projets sont en cours d’exécution :

1. Le Programme d’Appui à la Gouvernance Sectorielle (PAGOS), d’une durée d’exécution opérationnelle de cinq ans. Ce programme, financé à hauteur de 16 millions d’euros par l’UE  sur un coût total de 20,5 millions d’euros (4,5 millions d’euros financés par le Fonds Routier), a comme objectifs spécifiques de contribuer à une gestion financière plus efficiente des ressources naturelles, une meilleure coordination et suivi des politiques sectorielles, une mise en valeur et gestion transparente, coordonnée et durable des ressources des secteurs de l’entretien routier, du développement durable et des mines. Une particularité forte de ce projet, dont la convention a été signée le 7 décembre 2011, réside en ce que la responsabilité de maître d’ouvrage est déléguée à chaque Ministère sectoriel bénéficiaire pour la composante qui le concerne.

2. Le Projet d’Appui à l’Ordonnateur National (PAON), d’un montant de 1,1 million d’euros. D’une durée de quatre ans, ce projet vise à renforcer l’efficacité de l’aide apportée au Gabon par l’UE.

3. Le Projet d'Appui à la Gouvernance des Finances Publiques (AGEFIP) porte sur l’amélioration de la gestion des finances publiques à travers l’opérationnalisation des Directions centrales des affaires financières. D’un montant de 0,7 million d’euros et d’une durée prévisionnelle de quatre ans, ce programme est entré en vigueur depuis le 31 mars 2010.

4. Le projet "Appui au Programme Prioritaire d'Assainissement des Eaux Pluviales de Libreville – Bassin versant de Nzeng-Ayong" vise à doter la population d'un réseau de drainage des eaux et de desserte cohérent et intégré au schéma directeur d’aménagement urbain; réduire l’incidence des maladies d'origine hydrique; appuyer la mise en place d'un cadre de gouvernance de l'assainissement ainsi que d'outils institutionnels, législatifs et financiers de planification et de gestion de l'assainissement aux niveaux local et national; et réduire l'impact environnemental du bassin versant sur le milieu naturel. Sa convention de financement a été signée le 11 mai 2012.

5. Le Projet d'Appui à la Formation et à l'Insertion Professionnelles (AFIP), de 5.2 M euros, qui vise à capitaliser, consolider, pérenniser et vulgariser les mécanismes de formation par alternance et d’insertion professionnelle mis en place dans le cadre du projet d'Appui à la Formation Professionnelle (AFOP), financé sur le 9ème FED. Ce projet s’inscrit dans une logique d'intervention basée sur la demande du marché local et les bassins d'emplois existants. La convention de financement du projet a été signée le 18 octobre 2013 à l’occasion du Forum National de l’Emploi.

6. La Facilité de Coopération Technique (FCT) II, d'un montant de 808.000 euros, qui vise à  appuyer la mise en œuvre du PIN 10ème FED ainsi que la programmation du 11ème FED à travers des études, assistances techniques, conférences, séminaires, etc. Sa convention de financement a été signée le 5 novembre 2012.

Pour l’avenir, le Gabon et l’Union Européenne focalisent leur coopération pour le financement du développement autour des problématiques de renforcement du capital humain, d’emploi et de croissance inclusive. En effet, notre pays et l’UE ont adopté en juin 2014, dans le cadre du onzième Fonds Européen de Développement couvrant la période 2014/2020, un nouveau Programme Indicatif National (PIN).

Doté d’une enveloppe globale de 13 millions d’euros soit un peu plus de 8,5 milliards de francs CFA sous forme de dons, le PIN 11ème FED Gabon se caractérise par une concentration de l’aide autour des thématiques d’emploi et de formation des Jeunes, susceptible de conduire à un saut quantitatif et qualitatif des performances du système de formation professionnelle. Ainsi, 88,5% du PIN sera affecté au renforcement du capital humain.

Au-delà du niveau de l’enveloppe allouée à notre pays en vertu du principe de différenciation, il convient de relever que ce choix de la formation professionnelle dans une perspective d’adéquation formation-emploi en interrelation avec le secteur privé, en tant que domaine de concentration du 11ème FED, est pleinement conforme à la volonté exprimée par Monsieur le Président de la République Gabonaise, Chef de l’Etat, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, en octobre 2012 en marge des Journées Européennes du Développement.

Tout en visant l’amélioration de la compétitivité de l’économie gabonaise à travers la mise sur le marché de l’emploi d’une main d’œuvre qualifiée, l’appui de l’UE a également une dimension sociale très forte. En effet, le chômage concerne aujourd’hui une frange trop importante de notre population. Il touche durement ceux-là même qui ont encore de l’énergie et des rêves. Il affecte de nombreux Jeunes de 15 à 24 ans sans qualification, et constitue de ce fait un facteur de pauvreté et un élément de risque pour la stabilité et la paix sociale.    

A travers ce soutien marqué à notre politique de formation et d’insertion professionnelles, l’Union Européenne apporte donc une contribution à la mise en œuvre du Pacte Social présenté par le Président de la République gabonaise à l’ensemble des forces vives de la Nation et des partenaires techniques et financiers du Gabon le 29 janvier 2014, en vue de sortir de la pauvreté et de la précarité nos populations les plus démunies, et de lutter contre les inégalités sous toutes leurs formes.

L’avenir de notre programme de coopération avec l’UE devrait aussi être caractérisé par une intervention de la CAON-FED dans le suivi de certains programmes régionaux financés par le FED, pour autant qu’ils aient une composante nationale.

Cher (e)s Ami (e)s  internautes,

J’espère, à travers ces quelques mots, vous avoir dressé un panorama utile des enjeux de la coopération, qui vous donnera l’envie d’aller au-delà du « mot du Coordonnateur » pour découvrir ce qui est actuellement en cours en termes d’activités du programme de coopération, mais aussi ce qui est à venir.

Tout en vous assurant de l’entière disponibilité de mon équipe et moi-même, je vous souhaite la bienvenue dans la CAON-FED virtuelle.

 

 

Ghislain-Firmin LENDOYE

Economiste, Administrateur Economique et Financier diplômé de l’IEF

26 / 10 / 2014
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